Les progrès récents en hématologie ont élargi les indications de l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques et amélioré la survie des patients. Toutefois, cette procédure reste associée à une morbidité importante à moyen et long termes, incluant des complications somatiques, psychologiques et sociales. Les patients allogreffés présentent fréquemment des symptômes anxiodépressifs, des troubles cognitifs, une fatigue persistante et des difficultés de réinsertion sociale et professionnelle, parfois plusieurs années après la greffe. Malgré l’existence de recommandations internationales soulignant la nécessité d’un suivi psychosocial structuré, leur application demeure hétérogène, en raison notamment de contraintes organisationnelles, du manque de ressources humaines et de l’insuffisante coordination entre l’hôpital et la ville. Dans ce contexte, la Société francophone de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (SFGM-TC) a conduit un atelier d’harmonisation des pratiques afin d’explorer les modalités de repérage des besoins psychosociaux et l’orientation vers les soins oncologiques de support en période post-greffe. Une enquête menée auprès de 103 professionnels exerçant majoritairement en centres de greffe met en évidence une diminution progressive de l’offre systématique de soins de support après la greffe, en particulier au-delà de j + 100, ainsi qu’un recours limité aux outils standardisés d’évaluation. Sur la base de ces résultats et d’une revue de la littérature, le groupe de travail formule des recommandations permettant le repérage rapide des problématiques psychosociales par les hématologues lors des consultations de suivi et l’orientation ciblée vers les professionnels ressources (psychologues et assistants sociaux). Ces recommandations visent à améliorer l’identification précoce des besoins, à renforcer la coordination des parcours de soins et, in fine, à optimiser la qualité de vie des patients allogreffés.