Résumé
La forme pulmonaire de la réaction de greffon contre l’hôte (GVH) se manifeste par une atteinte fibrosante des bronches (syndrome de bronchiolite oblitérante ou BOS) ou du parenchyme (pneumopathie interstitielle). Elle concerne entre 5 et 10 % des patients allogreffés et son pronostic reste réservé. Au cours de cette seizième session des ateliers d’harmonisation des pratiques en allogreffe, nous avons rappelé les définitions et critères diagnostiques de la GVH pulmonaire, discuté des différents traitements à notre disposition et de la place de la transplantation pulmonaire. Nous avons souligné l’insuffisance des critères diagnostiques actuellement reconnus et la nécessité de les réviser pour un dépistage plus précoce de la BOS. Nous avons rappelé les recommandations de suivi fonctionnel en post-allogreffe. De nouveaux traitements ont été développés pour le traitement de la GVH : inhibiteur de Janus kinase (ruxolitinib), de rhokinase (bélumosudil) ou anticorps anti-CSF1R (axatilimab). Leur efficacité spécifique sur la GVH pulmonaire est difficile à déterminer par manque d’études axées sur la fonction respiratoire. Nous avons discuté de leur place par rapport aux traitements inhalés, aux corticostéroïdes systémiques et à la photophérèse extracorporelle. La transplantation pulmonaire est une option à envisager en cas de forme sévère réfractaire aux traitements. Les patients allogreffés représentent une faible proportion des patients transplantés pulmonaires, alors que les résultats sont les mêmes que dans une autre indication. Nous avons rappelé les conditions dans lesquelles un sujet atteint de GVH pulmonaire devrait être référé à un centre expert de transplantation pulmonaire.