Ateliers d’harmonisation

Publié en 2014
Suivi post-greffe

Prise en charge de la cystite hémorragique après allogreffe de cellules souches hématopoïétiques

Résumé

Afin d’harmoniser les pratiques entre les différents centres de greffe de cellules souches hématopoïétiques français, la Société Française de Greffe de Moelle et Thérapie Cellulaire (SFGM-TC) a tenu ses cinquièmes ateliers d’harmonisation annuels qui regroupent des praticiens provenant des différents centres français. Ces ateliers se sont tenus en septembre 2014 à Lille. L’objective de notre atelier était de reprendre et de revoir les recommandations sur la prise en charge de la cystite hémorragique et le syndrome obstructif sinusoïdal. Cet article aborde les recommandations concernant la prise en charge de la cystite hémorragique. La cystite hémorragique (CH) est une complication majeure de l’allogreffe de CSH. Dans la littérature, l’incidence est de 16 à 26 %. En cas de greffe haploidentique, l’incidence est nettement supérieure (30 à 75% selon les études). On prévoit en conséquence une augmentation significative de l’incidence de la CH dans les années à venir. En cas de virurie à BK virus (BKV), le risque de développer une CH est multiplié par 4. L’augmentation ≥ 3 log de la charge virale dans les urines représente un des principaux facteurs de risque de CH. En cas de greffe à risque, on recommande la réalisation d’une PCR quantitative hebdomadaire du BKV dans les urines jusqu’à J100. En cas d’augmentation ≥ 3 log de la charge virale urinaire, on recommande un traitement pré-emptif comportant une reprise de l’hyperdiurèse, une correction des anomalies de l’hémostase et dans la mesure du possible une diminution de l’immunosuppression. Un traitement anti-BKV par ciprofloxacine peut être discuté. En cas de CH de grade > 2, en plus des mesures précédentes, une prise en charge multidisciplinaire est recommandée. Un traitement antiviral par cidofovir pourra être envisagé en cas d’infection à BK virus. La cystite hémorragique (CH) est une complication majeure de l’allo-CSH. Dans la littérature, l’incidence de CH chez les patients en post-greffe est de 16-26 % [1, 2]. En cas de greffe haploidentique, l’incidence est nettement supérieure (30-75% selon les études). On prévoit en conséquence une augmentation significative de l’incidence de la CH dans les années à venir.

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